Avis positif de l’EFSA sur une allégation de santé liée aux bêta-glucanes d’avoine

mars 27, 2026
Sébastien Bouley

Le 20 février 2026, l’EFSA a publié un avis positif sur la justification d’une allégation de santé relative aux bêta-glucanes d’avoine et à la réduction du pic glycémique postprandial.

 

Selon le règlement (CE) 1924/2006, les allégations de santé sont interdites sauf si elles sont autorisées et figurent sur les listes d’allégations de santé autorisées. Pour obtenir l’autorisation d’une allégation de santé, le demandeur doit fournir la démonstration de l’effet sur la santé humaine de l’allégation de santé demandée. L’EFSA évalue dans quelle mesure la justification scientifique montre l’effet chez l’homme. L’EFSA émet un avis. Un avis positif valide les preuves de l’effet revendiqué mais ne constitue pas une autorisation de l’allégation de santé.

Demandeur :

ScanOats a demandé l’autorisation d’une allégation de santé relative aux bêta-glucanes d’avoine et à la réduction de l’augmentation de la glycémie après un repas. L’allégation de santé demandée est une allégation fonctionnelle supportée par des preuves scientifiques nouvellement développées (art. 13, paragraphe 5). Suite à une demande de données complémentaire de l’EFSA, le demandeur a précisé que l’allégation de santé proposée concerne la réduction du pic glycémique postprandial, pour lequel l’élévation maximale de la glycémie (iPkG) postprandiale est le critère principal pour la justification.

La population cible comprend les individus voulant réduire les pics de glucose postprandial.

L’objet de l’allégation de santé :

les bêta-glucanes d’avoine (BGA) qui sont des constituants alimentaires bien définis et suffisamment caractérisés.

Pertinence de l’effet revendiqué pour la santé humaine :

L’allégation de santé proposée concerne la réduction des réponses glycémiques postprandiales à un temps donné, c’est-à-dire le temps où la concentration maximale de glucose sanguin par rapport au niveau de base est atteinte après la consommation d’un aliment ou d’un repas riche en glucides disponibles par rapport à un aliment ou un repas de référence. Le Panel de l’EFSA considère que la réduction du iPkG postprandial peut constituer un effet physiologique bénéfique, en particulier pour les individus présentant une tolérance au glucose altérée, tant que les réponses postprandiales en glycémiques et insulinémiques ne sont pas augmentées par rapport à l’aliment ou au repas de référence.

Dans ce contexte, les preuves scientifiques permettant de justifier les allégations de santé concernant la réduction des pics de glucose après un repas peuvent être générées à partir d’études d’intervention chez l’homme mesurant la glycémie et l’insulinémie à jeun et en postprandial à différents temps au cours d’une période d’au moins 2 heures et montrant une diminution de l’iPkG après la consommation de l’aliment/repas test par rapport à un aliment/repas témoin et aucune augmentation des concentrations sanguines de glucose ou d’insuline en postprandiale au cours de cette même période. Le Panel de l’EFSA considère que la réduction du pic de glucose postprandial est un effet physiologique bénéfique dans le contexte du constituant alimentaire et de la population cible proposée pour cette allégation.

Justification scientifique de l’allégation de santé demandée

Le demandeur a effectué une recherche systématique de la littérature portant sur le constituant alimentaire, l’effet revendiqué et la population étudiée. Un total de 16 études d’intervention clinique comprenant 55 comparaisons d’essais (strates) ont été considérées comme pertinentes pour étayer l’allégation. Toutes les études étaient des essais randomisés en cross-over, avec des périodes de washout allant de ≥ 1 jour à ≥ 1 semaine, alors que quatre études n’ont pas précisé la durée du washout. Les populations étudiées comprenaient généralement des adultes en bonne santé des deux sexes, une étude portant sur des participants atteints du syndrome métabolique et une autre uniquement sur des femmes. La taille des échantillons variait de 10 à 40 individus. Une grande variété de matrices alimentaires a été testée, comme des préparations céréalières, des produits de type pain, des pâtes, des muffins et des boissons. Les doses de BGA allaient de 0,96 à 6,48 g/30 g de glucides disponibles (avCHO). La quantité d’avCHO dans les repas tests et témoins variait de 18 à 65 g, la plupart des études fournissant approximativement 30g ou environ 50 g.

Toutes les études sauf deux ont montré une diminution statistiquement significative de l’iPkG postprandial avec le repas test BGA par rapport au repas témoin apparié dans une ou plusieurs comparaisons d’essais. Les différences d’iPkG entre les repas témoin et test étaient ≥ 20 % dans la plupart des études et strates. Le Panel considère qu’une différence d’environ 20 % de l’iPkG est susceptible d’être biologiquement pertinente pour les individus en bonne santé dans le contexte d’un régime alimentaire mixte. Dans certaines études cliniques, les différences statistiquement significatives entre les repas témoin et test dans l’iPkG étaient < 20 % (c’est-à-dire entre 10,7 % et 19,8 %). Cependant, ces études avaient un échantillon deux à trois fois plus important que les 10–15 sujets habituellement recrutés pour tester l’indice glycémique des aliments, ce qui peut avoir accru la précision des estimations.

Considérées ensemble, ces études ont montré un effet de BGA sur la réduction de l’iPkG postprandial et ont indiqué que la dose de BGA, le poids moléculaire (PM) et la viscosité, la charge en glucides, la matrice alimentaire et le traitement peuvent tous avoir un impact sur cet effet.

Relation dose-réponse et définition de la dose efficace la plus faible :

Le demandeur a fourni une méta-analyse dose-réponse à effets mixtes linéaires pour explorer l’effet de la dose de BGA sur l’iPkG.

Dans le modèle du demandeur avec intercept contraint, une réduction de 20 % (RoM = 0,8) de l’iPkG, qui est susceptible d’être biologiquement pertinente pour des individus sains dans le contexte d’une alimentation mixte, correspond à une dose de BGA d’environ 2,7 g/30 g d’avCHO (plage approximative utilisant l’IC à 95 % pour β1 : 2,3 à 3,4 g/30 g avCHO). Le Panel note que ce modèle est basé sur un large ensemble de preuves provenant d’études d’intervention chez l’homme utilisant des contrôles appariés, couvrant une gamme acceptable de PM de BGA, de matrices alimentaires et de conditions de transformation. Le Panel souligne également que la dose efficace la plus faible de BGA dans certains aliments contenant des glucides (par exemple, produits à base de pâtes, boissons à base de glucose) à travers les PM et les conditions de test peut être supérieure à 2,7 g/30 g avCHO.

Sur la base de toutes les preuves et des incertitudes associées, le Panel considère qu’une dose d’au moins 3 g de BGA par 30 g de glucides disponibles (avCHO) serait nécessaire pour obtenir une réduction constante et biologiquement pertinente des pics glycémiques postprandiaux après la consommation d’aliments ou de repas riches en glucides disponibles (avCHO).

Mécanismes d’action :

Le mécanisme repose sur la capacité de BGA à augmenter la viscosité du bol alimentaire, ce qui peut retarder la vidange gastrique et, une fois que le bol alimentaire atteint l’intestin grêle, une forte viscosité luminale ralentit le taux de digestion et d’absorption des nutriments, y compris du glucose. Ce mécanisme de ralentissement de la vitesse à laquelle le glucose apparaît dans la circulation devrait réduire l’exposition glycémique postprandiale globale et atténuer la concentration maximale de glucose dans le sang après le repas (c’est-à-dire le pic de glucose postprandial).

Évaluation des preuves :

Lors de l’évaluation des preuves, le groupe d’experts de l’EFSA conclut qu’une relation de cause à effet a été établie entre la consommation de bêta-glucanes d’avoine et la réduction du pic de glycémie postprandiale.

Libellé de l’allégation :

Le Panel considère que le libellé suivant reflète les preuves scientifiques : « La consommation de bêta-glucanes d’avoine contribue à la réduction du pic de glucose après un repas. »

Conditions et restrictions d’utilisation :

Pour pouvoir porter l’allégation, les aliments/repas doivent contenir au moins 30 g de glucides disponibles par portion et au moins 3 g de bêta-glucanes d’avoine par 30 g de glucides disponibles. La population cible est constituée des individus souhaitant réduire leurs pics de glucose postprandiaux.

 

C’est maintenant à la Commission européenne et aux États membres de prendre la décision d’autorisation.

 

Si vous voulez en savoir plis sur cette opinion positive de l’EFSA sur les bêta-glucanes d’avoine et la réduction du pic de glucose postprandial, cliquer ici.

 

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