Pour quelles raisons une alimentation « non transformée » réduit-elle l’apport calorique ?

avril 15, 2026
Sébastien Bouley

En 2019, Hall et coll ont montré au cours d’une étude randomisée contrôlée qu’une alimentation à base d’aliments dits « ultra transformés » selon la classification NOVA augmentait l’apport calorique d’environ 500 kcal/j par rapport à une alimentation « non transformée ». Le présent article de Jeffrey Brunstrom et col a réanalysé les données de consommation. Bien que les participants étaient incités à consommer autant qu’ils le désiraient, ils ont choisi des composants de repas de caractéristiques nutritionnelles différentes entre le régime « ultra transformé » et celui « non transformé » ce qui a modifié leur apport énergétique.

 

Rappel de l’étude clinique d’intervention : l’équipe de Hall a réalisé une étude randomisée contrôlée de 4 semaines chez 20 adultes de poids stable. Les participants (10 hommes, 10 femmes d’environ 30 ans, en surpoids) recevaient de façon aléatoire soit une alimentation dite « ultra transformée » ou une alimentation dite « non transformée » pendant 2 semaines puis l’autre type d’alimentation les 2 semaines suivantes. Bien que les repas étaient appariés en termes de calories, de densité énergétique, de macronutriments, de sucres, de sodium et de fibres les participants ont consommé en moyenne 500kcal /j de plus pendant le régime « ultra transformé » gagnant 0,9kg et ont perdu 0,9kg pendant le régime « non transformé ».

 

Objectifs de cette réanalyse : explorer comment la sélection de composants du repas influençait l’apport énergétique.

 

Résultats :

  • Les 3 repas principaux (petit déjeuner, déjeuner et dîner) soit 1680 repas ont été analysés. Les boissons et les snacks ne sont pas inclus dans cette analyse.

 

  • Au cours du régime « non transformé », les participants ont sélectionné des composants avec un mélange moins équilibré d’énergie provenant des glucides et des lipides. Les composants des repas du régime non transformé étaient moins équilibrés en énergie glucidique et lipidique (<1) qu’avec un régime ultra-transformé pour lequel l’indice d’équilibre d’énergie provenant des glucides et des lipides était proche de 1.

 

  • Au cours du régime « non transformé », les participants ont choisi préférentiellement des composants à faible densité énergétique (<1kcal/g) (principalement des fruits et légumes), ce qui a généré des repas moins caloriques, mais des quantités ingérées significativement plus élevées. En effet, un ratio glucides/matières grasses < 1 dans les repas est associé à un apport énergétique plus faible et à un volume ingéré plus élevé et une couverture satisfaisante des apports en micronutriments.

 

  • Les auteurs ont identifié une tension jusqu’alors non reconnue entre les apports énergétiques et la satisfaction des besoins nutritionnels en micronutriments lors d’une alimentation non transformée.

 

 

  • Modélisés ensemble, le volume de faible densité énergétique et l’indice évaluant l’équilibre énergétique provenant des glucides et des lipides prédisent fortement les apports énergétiques observés.

 

Conclusions : Les repas « non transformés » peuvent réduire l’apport énergétique parce qu’ils contiennent un mélange glucides/graisses moins équilibré ; et qu’ils favorisent une forme d’intelligence nutritionnelle pour trouver un compromis entre la consommation de calories et la consommation de micronutriments.

 

 

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