Cette étude épidémiologique fournit pour la première fois des preuves exploratoires d’associations entre les additifs colorants alimentaires et l’incidence du cancer. Il a été montré que la consommation des additifs colorants totaux était associée significativement à une incidence plus élevée de cancers au global (taux de 13,3% chez les consommateurs plus élevés de colorants par rapport à 12,1% chez les plus faibles consommateurs), de cancers du sein et de cancers du sein post ménopausiques. Le colorant, caramel ordinaire (E150a) était associé à une incidence accrue de cancers au global et le colorant bêta-carotène (E160a) à une incidence accrue de cancers au global et de cancer du sein. Ces résultats doivent être confirmés.
Objectifs :
Etudier les associations entre les expositions aux additifs colorants alimentaires et l’incidence de cancer dans la cohorte NutriNet-Santé.
Conception de la recherche et méthodes :
L’étude a porté sur 105 260 participants (78,3% de femmes, d’âge moyen 42,0 ans [écart type 14,5] de la cohorte française NutriNet-Santé suivis pendant plus de 7 ans, dépourvus de cancer à l’inclusion.
Les apports alimentaires ont été évalués à l’aide d’enregistrements répétés de 24 heures (24HDR) incluant les marques de produits industriels. L’exposition cumulée et dépendante du temps aux additifs alimentaires a été évaluée grâce à de multiples bases de données de composition et à des analyses de laboratoire ad hoc sur des matrices alimentaires. Les associations entre les expositions aux additifs colorants alimentaires (tertiles sexe-spécifiques lorsque la proportion de participants exposés était supérieure aux deux tiers, ou catégories non-exposés/modérément exposés/ plus fortement exposés selon la médiane sexe-spécifique dans le cas contraire) et l’incidence de cancer ont été évaluées.
Résultats
Un total de 4 226 cas incidents de cancer dont 508 cancers de la prostate, 1 208 cancers du sein [387 cancers du sein pré ménopausiques et 821 cancers du sein post ménopausiques] et 352 cancers colorectaux) ont été identifiés pendant la période de suivi.
Les additifs colorants alimentaires totaux étaient associés à une incidence plus élevée de cancer au global [HRplus forts consommateurs vs non/faibles consommateurs (IC 95 %) : 1,14 (1,05–1,24), de cancer du sein [1,21 (1,03–1,42)] et de cancer du sein post ménopausique [1,32 (1,09–1,61]. Le risque en valeur absolue à 60 ans était une incidence de 13,3%, 5,7%, 14,9% (chez les plus forts consommateurs) versus 12,1%, 4,8%, 12,5% chez les non et faibles consommateurs) pour respectivement le cancer au global, le cancer du sein et le cancer post ménopausique.
Après correction pour les tests multiples, deux colorants se sont distingués pour leur association avec le risque de cancer : le caramel ordinaire (E150a, selon la classification européenne) était associé à une incidence accrue de cancer au global [1,15 (1,07–1,25)] et bêta-carotène (E160a) de cancer au global [1,16 (1,07–1,25)] et de cancer du sein [1,41 (1,23–1,62)].
A noter que bien que certains colorants, dont le caramel au sulfite d’ammonium, présentent une plausibilité toxicologique liée à la formation de composés néoformés potentiellement cancérogènes, cette étude épidémiologique ne met pas en évidence d’association significative entre la consommation de ce colorant et le risque de cancer, soulignant ainsi les limites des données d’exposition en population.
Interaction additifs colorants et ultra-transformation
Les analyses statistiques menées n’ont montré aucune interaction entre la consommation d’aliments ultra-transformés et de colorants et les résultats sur le cancer. Ces données suggèrent un effet des additifs colorants par eux-mêmes qui ne serait pas expliqué par un effet des aliments AUT.
Conclusion :
Cette étude épidémiologique prospective a mis en évidence pour la première fois des associations entre la consommation des colorants et le cancer en général, le cancer du sein et le cancer du sein post ménopausique. Ces résultats doivent être confirmés. De plus, les participants de la cohorte NutriNet-Santé étant des sujets hautement éduqués, plus attentifs à leur santé et avec une forte prévalence de femmes, ils ne peuvent pas être extrapolés à la population générale française.
Pour en savoir plus sur les résultats de cette étude.
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Colorants alimentaires et risque de cancer dans la cohorte française Nutrinet-Santé
Cette étude épidémiologique fournit pour la première fois des preuves exploratoires d’associations entre les additifs colorants alimentaires et l’incidence du cancer. Il a été montré que la consommation des additifs colorants totaux était associée significativement à une incidence plus élevée de cancers au global (taux de 13,3% chez les consommateurs plus élevés de colorants par rapport à 12,1% chez les plus faibles consommateurs), de cancers du sein et de cancers du sein post ménopausiques. Le colorant, caramel ordinaire (E150a) était associé à une incidence accrue de cancers au global et le colorant bêta-carotène (E160a) à une incidence accrue de cancers au global et de cancer du sein. Ces résultats doivent être confirmés.
Objectifs :
Etudier les associations entre les expositions aux additifs colorants alimentaires et l’incidence de cancer dans la cohorte NutriNet-Santé.
Conception de la recherche et méthodes :
L’étude a porté sur 105 260 participants (78,3% de femmes, d’âge moyen 42,0 ans [écart type 14,5] de la cohorte française NutriNet-Santé suivis pendant plus de 7 ans, dépourvus de cancer à l’inclusion.
Les apports alimentaires ont été évalués à l’aide d’enregistrements répétés de 24 heures (24HDR) incluant les marques de produits industriels. L’exposition cumulée et dépendante du temps aux additifs alimentaires a été évaluée grâce à de multiples bases de données de composition et à des analyses de laboratoire ad hoc sur des matrices alimentaires. Les associations entre les expositions aux additifs colorants alimentaires (tertiles sexe-spécifiques lorsque la proportion de participants exposés était supérieure aux deux tiers, ou catégories non-exposés/modérément exposés/ plus fortement exposés selon la médiane sexe-spécifique dans le cas contraire) et l’incidence de cancer ont été évaluées.
Résultats
Un total de 4 226 cas incidents de cancer dont 508 cancers de la prostate, 1 208 cancers du sein [387 cancers du sein pré ménopausiques et 821 cancers du sein post ménopausiques] et 352 cancers colorectaux) ont été identifiés pendant la période de suivi.
Les additifs colorants alimentaires totaux étaient associés à une incidence plus élevée de cancer au global [HRplus forts consommateurs vs non/faibles consommateurs (IC 95 %) : 1,14 (1,05–1,24), de cancer du sein [1,21 (1,03–1,42)] et de cancer du sein post ménopausique [1,32 (1,09–1,61]. Le risque en valeur absolue à 60 ans était une incidence de 13,3%, 5,7%, 14,9% (chez les plus forts consommateurs) versus 12,1%, 4,8%, 12,5% chez les non et faibles consommateurs) pour respectivement le cancer au global, le cancer du sein et le cancer post ménopausique.
Après correction pour les tests multiples, deux colorants se sont distingués pour leur association avec le risque de cancer : le caramel ordinaire (E150a, selon la classification européenne) était associé à une incidence accrue de cancer au global [1,15 (1,07–1,25)] et bêta-carotène (E160a) de cancer au global [1,16 (1,07–1,25)] et de cancer du sein [1,41 (1,23–1,62)].
A noter que bien que certains colorants, dont le caramel au sulfite d’ammonium, présentent une plausibilité toxicologique liée à la formation de composés néoformés potentiellement cancérogènes, cette étude épidémiologique ne met pas en évidence d’association significative entre la consommation de ce colorant et le risque de cancer, soulignant ainsi les limites des données d’exposition en population.
Interaction additifs colorants et ultra-transformation
Les analyses statistiques menées n’ont montré aucune interaction entre la consommation d’aliments ultra-transformés et de colorants et les résultats sur le cancer. Ces données suggèrent un effet des additifs colorants par eux-mêmes qui ne serait pas expliqué par un effet des aliments AUT.
Conclusion :
Cette étude épidémiologique prospective a mis en évidence pour la première fois des associations entre la consommation des colorants et le cancer en général, le cancer du sein et le cancer du sein post ménopausique. Ces résultats doivent être confirmés. De plus, les participants de la cohorte NutriNet-Santé étant des sujets hautement éduqués, plus attentifs à leur santé et avec une forte prévalence de femmes, ils ne peuvent pas être extrapolés à la population générale française.
Pour en savoir plus sur les résultats de cette étude.
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