Baisse de l’activité physique des français durant le confinement de mars à mai 2020

mai 04, 2021
santé et nutrition
Sébastien Bouley

Dans le contexte de la pandémie de Covid-19, dès l’annonce du confinement mis en place du 17 mars au 11 mai 2020, Santé publique France a lancé un dispositif de surveillance comportementale (enquête CoviPrev) permettant d’évaluer l’impact du confinement sur la santé de la population. L’ enquête conduite du 4 au 6 mai 2020 a permis d’analyser les niveaux d’activité physique et de sédentarité de la population adulte pendant le confinement sur un échantillon indépendant de 2 000 personnes, âgées de 18 ans et plus, résidant en France métropolitaine, interrogé en ligne.

Les prévalences du manque d’activité physique (activité physique inférieure à 30 minutes/jour) et d’une sédentarité élevée (temps passé assis supérieur à 7 heures/jour) et la fréquence d’interruption du temps passé assis ont été analysées, en voici les principaux résultats :

  • Durant la période de confinement la moitié de la population n’a pas atteint les recommandations d’au moins 30 minutes d’activité physique par jour et un tiers a déclaré un niveau de sédentarité élevée, passant plus de 7 heures par jour en position assise ;
  • En comparant à leurs pratiques antérieures au confinement, 47% des répondants ont déclaré avoir diminué leur activité physique et 61% avoir augmenté leur temps quotidien passé assis ;
  • Le manque d’activité physique a concerné davantage les personnes de catégories socioprofessionnelles moins favorisées (CSP-) ou sans activité professionnelle, ainsi que les femmes les moins diplômées, en arrêt de travail ou au chômage partiel. En revanche, la déclaration d’une diminution de l’activité physique a été associée à un statut social élevé et, chez les hommes, au télétravail. La hausse déclarée du temps passé assis a été associée au télétravail et au chômage partiel.
  • Des liens entre activité physique, sédentarité et santé mentale ont été montrés. Le manque d’activité physique, la sédentarité élevée, la diminution de l’activité physique et la hausse du temps passé assis par rapport à la période antérieure sans confinement ont été associés, de façon différenciée selon le sexe, à l’anxiété, à la dépression ou à des troubles du sommeil déclarés pendant le confinement.

En bref, ces résultats mettent en évidence une dégradation des comportements d’activité physique et de sédentarité dans la population adulte française pendant la période de confinement de mars à mai 2020. Ils montrent l’importance de promouvoir un mode de vie actif pour contribuer au maintien de la santé physique et mentale de la population.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le rapport complet tiré du Bulletin épidémiologique hebdomadaire du 4 février 2021 de Santé publique France