Les perspectives des insectes dans l’alimentation humaine et animale et l’impact du Brexit au cœur de la dernière conférence de la Royal Entomological Society

mai 16, 2022
Sébastien Bouley

La conférence s’est tenue les 26 et 27 avril et a rassemblé une série d’intervenants de haut niveau.

Les 26 et 27 avril s’est tenue la toute dernière conférence sur les insectes dans l’alimentation humaine et animale (Insects as Food & Feed* – IAFF), promue par la Royal Entomological Society. Sur un total de deux jours, plus de dix experts ont pu apporter leur propre contribution sur les différents aspects du sujet. Outre la question des conséquences du Brexit, d’autres thèmes ont été abordés, tels que l’impact environnemental du secteur, l’acceptabilité de la part des consommateurs humains (et non humains !), et la sentience des insectes, c’est-à-dire leur capacité à éprouver des sentiments et des émotions (voir Lambert et al., 2021*).

  • Insectes comestibles : état des lieux et perspectives

La conférence inaugurale a été donnée par le professeur Arnold Van Huis, de l’Université de Wageningen (Pays-Bas). Au cours de sa description complète du panorama des insectes dans l’alimentation humaine et animale, le professeur Van Huis a mentionné les aspects environnementaux du sujet, avec une référence particulière à la durabilité du secteur des insectes, confirmée par son équipe, en termes d’occupation des surfaces, d’émission de gaz à effet de serre et de besoins en eau.

  • Insectes comestibles : l’impact du Brexit

L’ouverture de la deuxième journée a vu l’intervention de Rachel O’Connor, appartenant à un cabinet d’avocats international, qui a parlé des premières divergences significatives entre le droit de l’Union Européenne et celui du Royaume-Uni1, apparues au cours des quelques mois de séparation induite par le Brexit, dans le domaine.

Comme déjà exposé dans notre article sur l’impact du Brexit sur les insectes en tant qu’aliments, aucune espèce d’insecte n’est formellement autorisée au Royaume-Uni au jour d’aujourd’hui, les premières autorisations européennes ayant eu lieu en 2021, alors que la séparation était déjà en place.

Les divergences s’étendent au domaine des insectes en tant qu’aliments pour animaux. La réglementation britannique sur ces aspects provient de la réglementation européenne qui a été maintenue (pour la signification de droit européen maintenu, voir notre article sur le Brexit) ; il s’agit notamment du Règlement (CE) 999/2001 qui avait pour vocation d’interdire l’utilisation de sous-produits animaux dans l’alimentation des animaux impliqués dans la chaîne alimentaire humaine, en réaction au problème sanitaire majeur qui a touché le monde des bovins à la fin des années ‘90. La réglementation maintenue comprend également le Règlement (UE) 2017/893, qui a introduit une modification du Règlement (CE) 999/2001 en autorisant l’utilisation en aquaculture de protéines animales transformées dérivées de sept espèces d’insectes.

Cependant, en 2021, après l’achèvement du Brexit, la publication du Règlement (UE) 2021/1925 a ajouté une nouvelle espèce d’insectes à celles autorisées dans l’Union Européenne, créant ainsi une divergence entre le Royaume-Uni et l’UE.

Cette divergence est venue s’ajouter aux différences déjà induites par la publication, dans l’UE mais pas au Royaume-Uni, du Règlement (UE) 2021/1372, modifiant également le Règlement (CE) 999/2001, et introduisant la possibilité (accompagnée de certaines spécifications) de fournir des protéines animales transformées dérivées de porcins aux volailles et vice versa, et d’alimenter les deux catégories avec des protéines animales transformées dérivées d’insectes d’élevage.

Le tableau récapitule les convergences et les divergences entre le Royaume-Uni et l’UE en ce qui concerne l’utilisation des insectes dans l’alimentation animale.

Règlements de l’UE maintenus au Royaume-Uni : publication avant le 1er janvier 2021 (date d’achèvement du Brexit) Règlements de l’UE qui n’ont pas eu d’effet sur le Royaume-Uni : publication après le 1er janvier 2021 (date d’achèvement du Brexit)
Règlement (CE) 999/2001

Interdit l’utilisation de sous-produits animaux dans l’alimentation des animaux de la chaîne alimentaire humaine

Règlement (UE) 2021/1372

Autorise l’alimentation des porcins et des volailles avec des protéines animales transformées issues d’insectes d’élevage

Règlement (UE) 2017/893

Autorise en aquaculture les protéines transformées issues de sept espèces d’insectes

Règlement (UE) 2021/1925

Ajoute une espèce d’insecte supplémentaire à celles qui sont autorisées en aquaculture

Le Règlement (UE) 2021/1925 définit également le terme « frass » :

Un mélange d’excréments d’insectes d’élevage, de substrat alimentaire, de parties d’insectes d’élevage et d’œufs morts, dont la teneur en insectes d’élevage morts ne dépasse pas 5 % en volume et 3 % en poids.

En le définissant, le règlement établit son origine, le type de traitement thermique auquel il doit être soumis, ainsi que les règles d’échantillonnage et de stockage. Comme mentionné ci-dessus, le règlement ne s’applique pas au Royaume-Uni, qui ne dispose pas encore d’une réglementation spécifique sur le frass.

Il est clair que peu à peu, mais inexorablement, des divergences réglementaires entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne se dessinent ; le fait que les nouveaux règlements de l’UE ne soient pas suivis de près par des documents équivalents montre à quel point le Royaume-Uni est prêt à suivre sa propre voie législative indépendante.

  • En conclusion

Parmi les nombreux messages à retenir de la conférence sur les insectes pour l’alimentation humaine et animale, il convient de noter que le domaine est voué à s’étendre et à se développer de plus en plus dans les années à venir ; le nombre de publications scientifiques, comme l’a montré le professeur Van Huis, augmente régulièrement d’année en année et, d’un point de vue économique, les chiffres publiés par la Plateforme internationale des insectes dans l’alimentation humaine et animale (International Platform of Insects for Food and Feed  – IPIFF) en 2021 indiquent des investissements dans le domaine, en Europe, à hauteur de 1 milliard d’euros en 2022, et une estimation de 3 milliards d’euros en 2030.

 

Orchidali vous aide à suivre l’évolution de la réglementation !

 

1 : cet article n’entre pas dans les questions spécifiques liées au protocole de l’Irlande du Nord (expliqué ici) et simplifie la question en se référant au Royaume-Uni dans son ensemble.

* : lien en anglais.

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